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focus / articles / UNE VIERGE INCONNUE DU VAL D’ARAN
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invité
Yves-Germain Bouissou
traducteur, écrivain, diacre

Article publié dans
Revue de Comminges Pyrénées Centrales ed.1978
éditeur Société des études du Comminges
© Père Raymond Montané

Je me suis interrogé durant des années sur cette petite statue perdue dans un village aranais. J’ai souvent posé dans sa niche une violette cueillie sous la neige ou quelque branchette de rhododendron. La statuette de bois, probablement du hêtre, a une hauteur de 32cm et 16cm de largeur. Elle représente une Vierge faisant corps avec un petit socle et tenant un enfant-Jésus sur son bras gauche. La vierge se présente droite , sans cathèdre et revêtue d’un ample manteau aux plis relevés sur une robe sous une ceinture apparente qui lui donne une forte taille. La poitrine est féminine et le visage énigmatique. Il fait penser à Notre dame de Bourisp, dans la vallée d’Aure, à cause de son nez droit et de son faciès plutôt masculin. Une couronne à trois fleurs quadrilobées de face pourrait représenter la trinité. Les cheveux légèrement tressés en avant, descendent sur les épaules mais sans allonger le visage qui demeure carré. Les pieds recouverts sortent à peine de la robe à plis. La main gauche soutien l’Enfant sous le siège; quant à la main droite elle est pendue, ce qui ajoute à la difficulté de détermination. L’Enfant, dont le visage a subit les dégradations du temps, dirige sa main droite en avant. On ne peut établir si elle soutenait un globe, je pense plutôt à un geste de bénédiction.

(…) Ce village ayant possédé une église romane jusqu’au XVIIIe siècle, date de sa regrettable destruction, on peut penser que cette statue provient de cette église, église romane trapue et tassée, le long du sentier d’accès au village (…) aux premières affres de la révolution de 1936, les statues furent brûlées à l’est du village, à Coret, dans un autodafé. La statue de la vierge dont cet article fait l’objet, ainsi qu’une autre statuette de la vierge, de moindre importance, ont été cachées au péril de leur vie par des habitants. Aussi peut-on comprendre certaines réticences, surtout lorsque l’on saura que le grand incendie du milieu du siècle dernier, qui ravagea le village s’arrêta au pied de cette image.